Diplômés

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Sans titre, juin 2013
  • Art

  • 2013

Mariem-Coline Tabita

Collecter, récupérer, disposer / du continuum et de la mobilité des matériaux

Collecter, c’est se mettre dans la peau d’un saisonnier qui compose avec des aléas d’accès et de réception de matières premières, tout en cherchant à programmer, à visualiser le devenir des choses. C’est comme se positionner dans une expertise de l’objet trouvé, l’observation de l’objet choisi, qui revêt les formes d’objet de fortunes ou d’objet d’opportunités. L’action de collecter, ainsi que son éventuel corréla, l’acte de la collection sont une construction syntaxique grammaticale non seulement pour jouer avec les mots, le sens, les sonorités répétitives mais surtout pour montrer que le processus ne peut être véritablement arrêté, où les mots sont à contretemps et fonctionnent à double sens, en redondance.

Un artiste qui a une pratique pluridisciplinaire est un collectionneur à part entière. Sa collection n’est pas systématique. La collecte se fait de manière variée et de façon autonome ; ce geste est libre de contrainte et simple. Collecter avec nostalgie du réel, en quête de rendre visible ce réel mobile, à la teneur en apparence insaisissable, au gré de l’évolution d’une recherche. Collecter est alors envisagé comme une indication, une étape qui n’est pas seulement un préliminaire de la démarche, mais qui reflète une proposition de mise en espace dans l’ensemble, dans l’environnement.

Ce que je nomme ici matière première, au sein de mon travail, c’est la matière (que ce soit des matériaux bruts, des outils, des médiums, ou des choses, sans date de péremption) qui est première du fait qu’elle est unique et sortie de son contexte, départie de son sens social et sériel.

Cette matière première peut être montrée dans tous ses états, en fonction du choix et de l’attribut, en fonction de ce qui doit ressortir… La matière première, au sens de la matière unique, la première matière, des objets manufacturés aux artefacts où la limite est indéfinie éparpillée et non-systématique, à l’image de ce que l’œil a comme capacité de mémoire.

(Texte extrait du catalogue des diplômés de 2013)