Diplômés

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vidéogramme extrait de : 3 minutes, 2010. Couleurs - muet - 4/3. Durée : 3'
  • Art

  • 2010

Justine Giliberto

Les productions de Justine Giliberto sont essentiellement des vidéos ou des installations vidéo. Manipulant des films d’archives familiales, elle utilise sa famille comme un laboratoire. Elle joue avec ce matériau autobiographique en questionnant les images.

Questionner et montrer du doigt certaines torsions et tensions des liens familiaux. L’artiste continue de tourner autour du pot avec ce matériau brut qu’est l’archive. En créant des dualités et autres oppositions, elle ne cesse d’effectuer des glissements. Le plus évident étant celui de la sphère privée à la sphère publique. Ces films d’amateur, avec toute leur authenticité et leur spontanéité, ainsi que le grain du Super-8, exacerbent la nostalgie et les souvenirs, accentuent le renvoi à l’expérience personnelle de celui qui regarde, sans tenir compte de la salle obscure, qui favorise un rapport individuel à l’image dans une expérience collective.Intervenir dans la proximité affective tout en dosant ce juste milieu entre distanciation et sincérité.

Sans titre 1 et Sans titre 2 sont deux pièces au même dispositif, une installation vidéo où deux écrans jonglent entre eux. Où certaines images en reproduisent d’autres et où les rôles semblent inversés. Ces deux installations, montées à partir d’archives où le personnage imité se trouve être un enfant handicapé, sont une sorte de remake de scènes familiales -comme celle d’ouvrir des cadeaux devant le sapin de Noël- sorties du contexte, dénuées de cette fameuse proximité affective, avec un cadrage qui respire les codes artistiques. Refaire des gestes, des gestes du quotidien, un quotidien pourtant différent. Des gestes saccadés et répétitifs. Des gestes d’artistes autant qu’autistes. Refaire pour mieux comprendre.

Justine Giliberto se plaît à utiliser et entrecroiser le réel et le fictif, principalement par le geste du montage. L’artiste s’intéresse aussi à la manipulation d’entretiens.

Dans Entretien, le parallèle entre une voix qui raconte et des travellings de paysages, permet une lecture personnelle ainsi que collective, à la fois par la neutralité des images et par l’intimité de celles-ci. La pièce met l’accent sur la notion de confidence. L’interview est réalisée de manière intimiste dans un cadre familier au sujet, avec un enregistreur laissé dans la pièce. Seules quelques questions générales sur les origines familiales servent d’éléments déclencheurs à la prise de parole. Cette authenticité de la mise en scène bascule ensuite dans la mise en oeuvre du montage.

3 minutes est une vidéo qui questionne quelqu’un qui ne dispose pas de la parole. Ici, par la dualité entre images et sous-titres, le spectateur assiste à un entretien à sens unique. Des questions qui restent sans réponse. Une sorte d’interview de spectre.

(Texte extrait du catalogue des diplômés de 2010)