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Diplômés

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Sans titre, 2012 Béton, treillis soudés, fibre de verre, sulfate de fer, environ 1,25 x 2 x 1 m
  • Art

  • 2012

Florine QuatrebŒufs

Le travail de Florine Quatrebœufs est en équilibre. Il se concentre sur les constructions fragiles et les érections improbables. Elle laisse le visiteur se perdre dans les presque rien de ses sculptures. Les détails « insignifiants » construisent une poésie du fragile, en opposition avec les matières et les formes utilisées.

Loin de s’imposer brutalement, ses sculptures pourraient se fondre dans le décor de la ville. Les matériaux de prédilection de l’artiste sont bruts, choisis pour leurs propriétés intrinsèques. Mais sa procédure de travail lente et minutieuse les rend évocateurs, bavards.

Il s’agit de déambuler parmi des angles de béton, grumeleux et asséchés, loin de l’aspect lissé du béton traditionnel. Ces surfaces, tableaux sans intérieur ni extérieur sont des peaux ajourées. Les pans sont comme des paysages, des reliefs verticaux où le fourmillement de détails est baroque de ses irrégularités. Des empreintes de coins de rues se trouvent déplacées, décontextualisées. C’est une réduction de l’architecture des villes, sa simplification extrême. Esquisse de labyrinthe, cadastre en pointillé, l’espace est parcellisé sans être divisé.

La couleur orangée est l’indice de la contamination de la matière par la rouille, formant ce béton malade dont on débarrasse la ville. Illusion d’un travail du temps, la rouille s’avère être provoquée par le contact de l’eau et du sulfate de fer, de manière instantanée. À mi-chemin entre ruine et construction, c’est une oeuvre qui rouille au présent, usée dès son érection. Cette tension empêche de fixer l’œuvre entre un avant ou un après. Refusant la simple poésie de la ruine, sans situation définie, Florine Quatreboeufs consacre un éclat à ce qui n’en a pas, questionnant ce qui est « art ».

Adèle de Keyser

(Texte extrait du catalogue des diplômés de 2012)