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Diplômés

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  • Art

  • 2014

Floriane Nobilet

Je rentre.
Face à moi, un socle.
Sur une TV, on peut lire « 0e97 ».
À gauche, une photographie.
Un clown dans une salle de repos.
Une série de Selfies : des candidats
aux élections présidentielles de 2012.
Des espaces vides.
CD, brochures et dépliants d’expériences,
on se croirait dans un supermarché épuré.
Au loin, un « Bonjour » m’interpelle, il se répète. Encore et inlassablement pendant 6’ 04.
Un objet fait de palettes, de cadres en fer,
de roues de desserte.
Dessus, la projection d’une photographie,
état d’un chemin parcouru ;
Le Printemps de l’Art Contemporain
de Marseille.
Au fond de la salle, une écriture parallèle.
Je bulle.

 

Imprégnée dans sa jeunesse de la culture de consommation, du culte du travail et de la télévision, Floriane Nobilet a su développer un regard critique sur cette société du bien-être non sans cynisme.

Elle s’interroge sur le travail et les conditions humaines d’existence. Elle se fait employer et elle accepte des situations particulières dans un but artistique sous-jacent. Elle joue à jouer des rôles : journaliste sur les conditions de vie de la banane dans les entrepôts aux M.I.N. des Arnavaux à Marseille ; reporter envoyé spécial sur les meetings politiques des candidats en campagne lors des élections présidentielles de 2012…
Elle décide de construire son propre travail et s’improvise marchande de poissons d’avril sur le Vieux-Port de Marseille jouant de mimétisme avec une poissonnière ambulante. Ces poissons sérigraphiés n’ont pas d’esthétique particulière, ils sont là pour engager un contact avec le chaland. Elle annote au verso des phrases, paroles de Marseillais recueillies pour l’occasion.

Ses évènements ne sont pas la construction d’une réalité, mais la création d’une possibilité, celle de son engagement artistique, social et politique. Elle se questionne sur l’engagement de l’artiste et débutera prochainement une série d’entretiens avec des artistes proches de ses aspiration du moment, notamment Matthieu Laurette et Régis Sauder.

Il y a toujours une rencontre. Est-ce la construction d’un récit comme identité ? Une forme de travail pour l’artiste ? Elle cherche comment rendre compte de son investigation. En activant ses pièces par sa présence ? Et pourquoi pas ?

(Texte extrait du catalogue des diplômés de 2014)