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  • Conférence

Nomina nuda — Rencontre avec Élise Florenty et Marcel Türkowsky

19.02.21
2/19/21 14:00 - 2/19/21 16:00

© Élise Florenty et Marcel Türkowsky, Fusuma-Bolide (K Atlas#14), 2019.

Que peut le récit ? est un séminaire proposé par Vanessa Brito, directrice de programme au Collège International de philosophie (CIPh) et enseignante aux Beaux-Arts de Marseille, dans le cadre d’un partenariat entre le CIPh, les Beaux-Arts de Marseille, le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Mucem, le cinéma La Baleine et la librairie L’Hydre aux milles têtes.

Pour cette deuxième séance intégralement sur Teams, vous sont proposés deux rendez-vous articulés l’un à l’autre le vendredi 19 février 2021 :

– 10h00-12h00 :

サボテンとの会話 – Conversation avec un Cactus (2017, 45 min) d’Élise Florenty et Marcel Türkowsky. Projection en ligne du film suivie d’une discussion avec les artistes

– 14h00-16h00 :

Nomina nuda — Rencontre avec Élise Florenty et Marcel Türkowsky


Nomina nuda — Rencontre avec Élise Florenty et Marcel Türkowsky : 
Nomina nuda
est un projet de recherche regroupant les films Conversation avec un cactus et Ollin Blood, ainsi qu’une série d’installations Fusuma-Bolide K Atlas, ayant reçu le soutien de la Fondation des Artistes en 2015 et du Cnap Image/mouvement en 2018. Actuellement en cours de production, Ollin Blood est une docu-fiction mettant en scène un groupe d’amis mexicains et japonais qui, alors que le confinement s’intensifie à Mexico City, se trouve mystérieusement lié à l’histoire ancienne et récente de la vallée de Tehuacán-Cuicatlán qui abrite la plus grande forêt de cactus au monde. Cette zone hostile, « épineuse », quasi-interdite, se révèle progressivement être le théâtre aussi bien de trafics illégaux de plantes que de diverses expérimentations spirituelles.

Comme avec Conversation avec un cactus dont il prend la suite, les deux artistes tissent ici un récit qui ne porte pas sur la crise elle-même (Fukushima, la pandémie de COVID-19), mais plutôt sur la façon dont nous, spectateurs ou protagonistes, pouvons contester la séparation moderniste entre l’humain et le non-humain, le verbal et le non-verbal, l’animé et l’inanimé. Des récits transculturels – diurnes et nocturnes, urbains et non-urbains, passés et présents, intimes ou collectifs – se recoupent ici à plusieurs endroits, alliant des situations fictionnelles à des histoires enregistrées sur un mode documentaire, des histoires le plus souvent surnaturelles, tantôt pré-hispaniques, tantôt contemporaines. Ollin Blood embrasse un intérêt récurrent chez les deux artistes pour le rêve comme force non-linéaire permettant d’enquêter sur les survivances du passé et de casser la ligne du Progrès ou le règne de l’Histoire et de la Raison qui se raconte comme « progressiste ».

Depuis 2009, Élise Florenty (née en 1978 à Pessac, France) et Marcel Türkowsky (né en 1978 à Berlin-Est, Allemagne) travaillent ensemble en tant qu’artistes et vidéastes. Leurs travaux ont été montrés dans différents festivals et événements, au FIDMarseille, au Centre Pompidou – Hors Pistes, à l’IFF (Rotterdam), au DocLisboa, au Festival du film de Turin, au CCCB (Barcelone), au MAF (Tokyo), au NFF (Londres)… En 2017, les éditions BOM DIA BOA TARDE BOA NOITE ont publié leur monographie, One head too many / Une tête en trop / Eine Kopf zu viel, diffusée par Les Presses du réel.

 

 

A propos du séminaire Que peut le récit ?

Ce séminaire réunit artistes, historien·ne·s et commissaires d’exposition qui explorent les potentialités du récit pour s’essayer à une écriture politique de l’histoire et chercher à aller plus loin dans la fabrique d’un monde commun. La possibilité d’entrer en résonnance avec le monde (H. Rosa) dépend en effet de la possibilité de le décrire et de le dire autrement, de ne pas réduire le réel au probable, de chercher à constituer des scènes (J. Rancière) qui, en élargissant le récit, élargissent nos capacités à ressentir et à percevoir le monde. Le fil conducteur de cette année sera la question que nous adresse Donna Haraway : « Quelles histoires fabriquent les histoires que l’on raconte ? » Quels sont les effets de connaissance qu’elles produisent ? Comme l’année dernière, la réflexion se poursuit à travers une diversité de formats – performances, lectures, projections et débats.