Formation

Réseau Cinéma

RÉSEAU CINÉMA EN ÉCOLES D’ART
Programme de recherche 2016-2018 subventionné par le Ministère de la Culture

Le Réseau Cinéma rassemble plusieurs écoles supérieures d’art et réfléchit à la place prise par le cinéma ces dernières années au sein des écoles d’art.

Il s’agit d’explorer le cinéma non comme un médium, mais comme un mode de pensée, une écriture, un régime de production et d’agencement des images. Il est envisagé comme un moteur de décloisonnement des disciplines, comme un mode du faux raccord entre les différents domaines convoqués.

Concernant les recherches sur les deux ans à venir (2016-2018), nous allons porter notre attention sur les collections d’ethnologie et des musées d’histoire naturelle des différentes villes où sont ancrées les équipes du Réseau Cinéma.

Nous envisageons d’associer une démarche cinématographique à un travail d’analyse et d’enquête à propos de ces objets.

En collaboration avec des artistes et théoricien(ne)s invité(e)s nous allons confronter l’histoire du cinéma ethnographique et l’histoire de la muséographie.

Ce travail passera par le visionnage de films d’artistes contemporains qui, informé(e)s de la critique muséographique institutionnelle, repensent les conditions de possibilité d’un cinéma décolonial et post-ethnographique aujourd’hui.

Pour cela nous allons nous inspirer de films contemporains qui emploient de nouvelles écritures documentaires sans être directement inscrits dans le corpus des films classiquement dits d’anthropologie, pour en analyser les outils d’investigation, d’exploration et d’interprétation du réel (de Trinh T. Minh Ha à Mathieu K. Abonnenc, d’Alain Resnais et Chris Marker à Ana Vaz).

Objectifs sur les deux ans :
• Étude de l’histoire du cinéma ethnographique, de sa critique et de ses relectures.
• Réflexions autour des musées d’ethnographie et d’histoire naturelle comme éléments cruciaux pour la construction de la modernité européenne par la définition d’une altérité (nature, cultures lointaines).
• Comprendre les conceptions du temps et de l’espace dans ces musées.
• Réflexions sur la production d’images dans ces espaces – si la caméra a intégralement fait partie de l’entreprise coloniale, que la conquête et le contrôle des territoires colonisés se sont passés aussi par l’image, que veut dire «décoloniser le regard»?
• Le statut des objets dans les collections : en quelle mesure les approches latouriennes ou des nouveaux matérialismes permettent de concevoir autrement le pouvoir d’agir des objets exposés ? Quel effet cette conception pourrait-elle produire sur le cinéma?
• Rencontrer des artistes et théoricien(ne)s qui travaillent ces questions.

Production envisagée :
• Production d’un film en collaboration avec les autres participants (film qui réunit des éléments locaux dans chaque site et des parties tournées ensemble, une semaine de tournage commune en 2017/2018).

Programme 2016-2017 :
• Visite du Musée du Quai Branly ; visite-conférence au Musée de l’Homme par Benoît de l’Estoile (auteur de Le goût des autres. De l’exposition coloniale aux arts premiers, Flammarion, 2007, et de « A quoi sert un Musée de l’Homme ? Vie et destins d’une utopie », dans : Le musée de l’Homme. Histoire d’un musée laboratoire, 2015) ; conférence de Lotte Arndt « Présences Inquiètes » à la Villa Vassilief ; visite de l’exposition « Excusez-moi de vous avoir dérangés : narrateurs intempestifs du passé-présent-futur » à l’Espace Khiasma (Paris, 3-4 novembre 2016).
• Visite du Domaine du Rayol – Jardin des Méditerranées (avec les étudiants du réseau cinéma de l’École Supérieure d’Art et Design Toulon Provence Méditerranée, le 5 janvier 2017).
• Visite du Musée d’Histoire Naturelle de Marseille (le 4 février 2017).
• Table ronde au MuCEM « Les archives, le musée, tours/détours/à rebours » avec Benoît de l’Estoile, David Dibosa et Rabih Mhroué (25 février 2017).

• Masterclass au MuCEM avec Rasha Salti, Tarzan et Arab Nasser, Simone Bitton et Khaled Hourani. 4 jours de projections, conférences et rencontres dans le cadre du cycle Palestine : territoire, mémoire, projections organisé par Rasha Salti et Geneviève Houssay (avec des étudiants des écoles d’art d’Aix-en-Provence, de Toulon et de la Villa Arson, 9-10-11-12 mars 2017).
Workshop aux Laboratoires d’Aubervilliers.

Partenaires :
Les Laboratoires d’Aubervilliers et les écoles supérieures d’art du Réseau Cinéma : les écoles d’art d’Aix-en-Provence, d’Angers, de Bourges, de Marseille, de Valence-Grenoble et de Toulon.

À l’ESADMM ce projet est porté par Vanessa Brito et Lise Guéhenneux.