Formation

Partitions-Passations-Partages

« Une partition n’est pas une œuvre mais sa définition. Elle invente des systèmes de notation, des formes de dictionnaire. La partition est la partie invariable d’une œuvre. Elle ouvre sur les variations de son interprétation. Une œuvre à partition a besoin de l’intervention et des compétences des autres, elle n’existe que dans sa transmission, c’est une trace laissée en avant. Une partition est une œuvre qui se déclare dépendante de sa réalisation par d’autres, un objet en 2 dimensions qui se déclare dépendant de la 3e, un système de signes qui change de médium lors de son interprétation, une écriture qui change de lieu lors de sa lecture. Les œuvres à partition ont la passion du réel mais comme les héros de l’amour courtois elles l’étreignent de loin. Une partition se reproduit à l’infini avant d’être finie, elle est pré-pubère et néoténique », écrit Fabrice Reymond, intervenant associé à ce projet en 2016 et 2017.

Le projet partition/passation interroge la notion de partition, d’écriture et de transcription d’une œuvre à un acteur extérieur (ou pas). Nous analyserons les différents  statuts de ces partitions selon les disciplines et les projets, qu’il s’agisse d’art (avec bien sur l’art conceptuel et ses descendants) ou de design avec le retour massif du “do it yourself” ou encore d’architecture de papier et aujourd’hui le phénomène des fablab et autres communautés open source. Cette question de la partition se déplace et ré-interroge aujourd’hui (comme hier)  autant la question du statut de l’auteur que  celui  de l’œuvre.

La partition peut être dans certains cas l’œuvre elle-même, elle peut être un ensemble de directives afin de réaliser ou jouer une œuvre. Elle peut aussi être l’amorce d’une œuvre à prolonger et à enrichir en “open source”, etc. La partition sera donc envisagée dans ce projet de façon très large, « flirtant » parfois avec le mode d’emploi ou la règle du jeu. Elle comprendra évidemment les œuvres conceptuelles, mais aussi tel comédien qui rejoue les séminaires de Deleuze ou Lacan ou encore cette tablette Babylonienne qui contient les plans de l’arche de Noé !

Ce projet est mené par Christophe Berdaguer, Brice Matthieussent, et Jean-Baptiste Sauvage, professeurs à l’ESADMM, avec la complicité et la participation de Fabrice Reymond.

 

PROGRAMME 2016-2017
Après une première phase de découverte théorique et de familiarisation au contact des pièces historiques en 2015-2016, en particulier autour d’un cycle de conférences et de plusieurs workshops, le programme sera rythmé cette année par des rendez-vous réguliers tous les 15 jours. La Friche Belle de Mai restera un terrain d’expérimentation privilégié. Quatre workshops y seront organisés au cours de l’année, qui donneront lieu à des présentations publiques.

 

ARCHIVES

Programme 2015-2016