Formation

Bureau des positions

Le Bureau des positions, c’est :

  • une plateforme de recherche et d’expérimentation où l’on met à l’épreuve ses positions comme on teste des hypothèses. On s’engage à y faire l’expérience de prendre position et de tenir une position, autant sur le plan physique (occuper un espace, maintenir une posture ou un projet sur la durée) que sur le plan de l’engagement artistique et politique. À quels moments ces deux plans peuvent-ils se recouper ? Comment une position se construit-elle ? À travers quelles dis-positions méthodologiques, quelles opérations de traduction et de trans-position, quelles conceptions de la restitution et de l’ex-position ?
  • un temps et un lieu pour se poser, pour faire une pause, ou, comme le suggère Robert Barry dans son Marcuse-Piece de 1970-71 : A place to which we can come and for a while be ‘free to think about what we are going to do’.
  • un espace d’échanges transdisciplinaires : une cartographie en mouvement qui met en question les frontières instituées par le frottement permanent à d’autres champs, d’autres pratiques, d’autres positions.
  • une forme de communauté à inventer ensemble : le Bureau des positions cherche à construire des situations dans lesquelles enseignants et étudiants se retrouvent tous en position de chercheurs. Ces expérimentations et échanges transdisciplinaires tentent de réinventer de nouvelles formes de collaboration et de travail collectif.

 

PROGRAMME 2017-2018

La position du chercheur

Rencontres indisciplinées : arts et sciences sociales

Ouvert à tous les étudiants

8-9-10 novembre 2017

Centre de la Vieille Charité (salle Le Miroir), MuCEM (auditorium).

Partenaires :

  • École Supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée
  • Musée des Civilisations d’Europe et de la Méditerranée (MuCEM)
  • Centre Norbert Elias/EHESS.

Comité Scientifique et organisation :

  • Jean-Roch Bouiller, conservateur, chargé de l’art contemporain au MuCEM.
  • Vanessa Brito, philosophe, enseignante à l’ESADMM.
  • Aude Fanlo, responsable adjointe du département recherche et enseignement au MuCEM.
  • Boris Pétric, anthropologue, Directeur du Centre Norbert Elias (AMU/CNRS/EHESS/UAPV).

 

Le positionnement éthique ou politique d’un chercheur se construit à travers ses méthodes de travail. En sciences humaines et sociales, ces méthodes sont autant de manières de faire au sein du discours. Elles mobilisent un ensemble de gestes et d’opérations qui concernent aussi la recherche artistique. C’est sur ces gestes partagés que nous souhaitons amener le dialogue entre recherches scientifiques et pratiques artistiques.

Nous partons de la part commune de matérialité du travail de recherche – la confrontation avec les matériaux, les archives et les témoignages – pour susciter un dialogue autour des gestes de la collecte, des méthodes d’enquête, des formes d’écriture et d’exposition. Admettre que celles-ci ne traduisent pas seulement des résultats, mais constituent en soi des chantiers théoriques et artistiques, c’est ouvrir un espace d’échanges entre arts et sciences sociales.

Notre démarche consiste davantage à décloisonner les discours qu’à interroger la spécificité de nos recherches respectives. L’enjeu est de penser la recherche en dehors des frontières disciplinaires afin de constituer un laboratoire de réflexivité et d’innovation offrant aux uns et aux autres la possibilité de déplacer son regard sur ses objets et ses pratiques.

Programme complet sur : www.esadmm.fr

 

Ricochets

Une exposition organisée par Anna Dezeuze à Art-Cade, la galerie des Grands Bains Douches à Marseille, du 1 février au 3 mars 2018.

Partenaires

  • École Supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée (ESADMM)
  • Galerie Art-Cade, Marseille

Equipe de recherche

Champ de recherche

Immobile, verticale, lourde, inerte : telles sont les caractéristiques que l’on associe traditionnellement à la sculpture. L’exposition Ricochets se propose de revisiter et d’interroger ces propriétés à travers un dispositif simple inspiré par l’architecture de la galerie des Grands Bains Douches. Cinq artistes, tous enseignants à l’ESADMM, sont invités à répondre à une même sculpture du vingtième siècle, placée dans le jardin. Leurs nouvelles pièces sont exposées dans les salles qui entourent cet espace central.

Ce jeu de ricochets met ainsi en scène, d’une part, une série de dialogues entre la matérialité de l’objet sculpture et d’autres médiums tels que le dessin (Frédérique Loutz) ou l’assemblage et l’intervention in-situ (Frédéric Pradeau), le geste performatif (Charlie Jeffery), le son (Pierre-Laurent Cassière), ou les nouveaux médias (Julien Maire). D’autre part, les trajectoires des rebonds à travers l’espace de la galerie évoquent la circulation d’interprétations, d’influences et de résonances qui anime la transmission et la création – au sein d’un groupe d’artistes d’une même génération, et au fil de l’histoire de l’art, lorsqu’une génération relit et réinvente les pratiques de celles qui la précèdent.

Un groupe d’étudiants se préparera à ajouter un dernier ricochet à cette histoire de la transmission et de l’enseignement : lors d’une intervention dans la galerie, ils inventeront à leur tour de nouvelles réponses aux œuvres exposées par leurs professeurs.

Pour préparer la mise en place de cette exposition et de ce travail collectif, lectures et discussions se dérouleront dès octobre. Les artistes exposant dans Ricochets viendront parler de leur pratique et de leurs influences. Lors d’un workshop, le duo de chorégraphes Les Gens d’Uterpan nous initiera quant à lui à Uchronie, son protocole d’interventions dans l’espace public.

Objectifs pédagogiques

  • repenser l’histoire et la matérialité de la sculpture
  • interroger les questions d’influences et de résonances dans l’histoire de l’art
  • explorer les manières dont les pratiques artistiques s’inscrivent dans un contexte spatial, architectural et culturel précis

Références

  • Body & Void : Echoes of Moore in Contemporary Art. Henry Moore Foundation, 2014.
  • Rodin : l’exposition du centenaire, Grand Palais/RMN, 2017.
  • Rancière, Jacques. Le Maître Ignorant : Cinq leçons sur l’émancipation intellectuelle. Fayard, 1987.

Uchronie

Workshop : Les gens d’Uterpan (Annie Vigier et Franck Apertet)

Professeur référent : Anna Dezeuze

« Uchronie est un projet de création qui procède de l’analyse des attitudes et des comportements individuels et collectifs, dans la ville. Nous attribuons une valeur chorégraphique aux règles qui influencent le corps, l’individu et les rapports sociaux dans l’espace public, car ces déterminismes contribuent à la sérialisation des attitudes et aboutit à une uniformisation des émotions. En réponse aux ajustements croissants des espaces publics en zones fonctionnelles dédiées dans lesquelles s’identifient les individus, nous élaborons des modules physiques issus de comportements quotidiens que nous synchronisons dans différents contextes. Cette reproduction du même entre en contradiction avec les flashs mob ou les performances qui investissent l’espace public comme une scène, car nous infiltrons la vie publique avec ses propres composants et sans convoquer de spectateurs. La ville est le contexte qui produit et accueille une uchronie, les usagers de l’espace public en sont les témoins fortuits, attentifs ou pas. » (Annie Vigier et Franck Apertet, les gens d’Uterpan)

https://www.lesgensduterpan.com/proj_uchronie.html

 

Calendrier

1er jour : 

matin : Présentation du travail des gens d’Uterpan par Annie Vigier et Franck Apertet

après-midi : introduction du projet Uchronie ;

apprentissage et activation dans l’espace public de protocoles définis d’Uchronies.

2ème et 3ème jours :

Apprentissage et activation de protocoles définis d’Uchronies ; élaboration d’une idée d’Uchronie par les participants (seul ou en groupe)

et repérage dans la ville en vue de son application.

4ème jour :

transmission, organisation de l’Uchronie aux participants et application dans les contextes qui auront été repérés ; échange ouvert entre nous et les participants à partir des expériences conduites sur les journées précédentes.

What’s love got to do with it ?

Projet Printemps de l’art contemporain (dans le cadre des manifestations de MP 2018 « Quel amour ! »).

Partenaires

  • École Supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée (ESADMM)
  • Glasgow School of Art (GSA)
  • Curatorial Studio
  • Marseille Expos / Printemps de l’art contemporain
  • Galerie Art-Cade

Equipe de recherche

  • Vanessa Brito (ESADMM) et Kirsteen Macdonald (Curatorial Studio) –coordination et encadrement du projet.
  • Jenny Brownrigg (responsable des expositions GSA), Charlie Jeffery (ESADMM), Gordon Douglas, Emmie McLuskey, Rosie O’Grady et Cicely Farrer (commissaires du réseau Écossais « Curatorial Studio ») – encadrement du projet.
  • 8 étudiants en art de l’ESADMM (années 4 et 5) du programme de recherche « Bureau des Positions ».
  • artistes et théoriciens invités

Champ de recherche

Le monde du travail nous pousse à vouloir faire plus, à vivre avec des deadlines, à être-en-retard, à s’épuiser. Veut-on toujours être performants, à la fois exubérants et épuisés par un travail créatif qui ne connaît ni d’arrêt ni de coupure ? Comment continuer à travailler ensemble ? Dans quelle mesure cet épuisement modifie nos relations, notre manière d’être au monde et de construire quelque chose ensemble ?

Dans un texte célèbre, Deleuze définit l’épuisement des personnages de Beckett par leur tentative d’exténuer les potentialités de l’espace. Supposons que cet espace soit un white cube : l’espace d’exposition. Peut-on parler aujourd’hui d’un épuisement des pratiques curatoriales, d’un « exhausted curating » selon l’expression de Leire Vergara ? Que faire de cet épuisement ? Comment s’en saisir pour réévaluer les limites des conventions qui nous entourent ?

Ces questions orienteront nos recherches et trouveront des échos dans une programmation qui se déroulera pendant les 3 premiers jours du Printemps de l’art contemporain, mêlant propositions curatoriales, rencontres et performances dans l’espace de la galerie Art-cade.

Calendrier

  • 9-13 Janvier : workshop de 5 jours à la Glasgow School of Art (espace d’expositions) avec restitution publique. Conception collective d’une édition qui documente les processus de travail et réflexions menées.
  • 13-17 Mars : workshop de 5 jours à l’Ecole supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée avec restitution publique (Journée Portes ouvertes). Conception collective d’une édition qui documente les processus de travail.
  • 9-12 Mai : Restitution dans la Galerie Art-cade sous forme de performances, rencontres, spectacle vivant (programme à établir pour les 3 premiers jours du Printemps de l’Art Contemporain). Distribution des éditions.

Objectifs pédagogiques

  • réinventer le chantier collectif et de nouvelles formes de collaboration
  • s’aventurer en dehors de nos champs de compétences spécifiques
  • résister à la forme finie
  • interroger les potentialités de l’espace d’exposition en tant qu’espace de production de connaissances
  • s’interroger sur les enjeux de la pratique curatoriale.

Références

  • Deleuze, Gilles, « L’épuisé » in Quad, Minuit, 1992.
  • Haraway, Donna, « Savoirs situés » (1988) in Manifeste cyborg et autres essais. Sciences, Fictions, Féminismes, Exils éditeur, 2007.
  • Potte-Bonneville, Mathieu, « Deadlines, de l’être en retard 1 », in revue Vacarme 76 été 2016 http://www.vacarme.org/article2925.html et « Deadlines, de l’être (toujours) en retard 2 », in n. 77 octobre 2016 http://www.vacarme.org/article2956.html.
  • Ogilvie, Bertrand, Le travail à mort, au temps du capitalisme absolu, L’Arachnéen, 2017.
  • Vergara, Leire, « An Exhausted Curating» in The Curatorial: A Philosophy of Curating, Bloomberg, 2013.
  • Verwoert, Jan « Exhaustion and Exuberance: Ways to defy the pressure to perform », in Tell Me What You Want, What You Really, Really Want, Sternberg Press, 2010.

ARCHIVES

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